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MaPrimeRénov : le Syndicat des chaudiéristes biomasse s'oppose à la suppression des aides

À la suite de l'arrêté du 8 septembre 2025, le Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB) est descendu dans les rues de Paris, jeudi 4 décembre, pour protester contre la suppression annoncée des aides à l'installation dans le cadre de MaPrimeRénov', effective au 1er janvier prochain. La réforme du dispositif marque en effet un tournant : recentrage des subventions, durcissement des critères et disparition de plusieurs forfaits, dont ceux dédiés aux chaudières biomasse et à l'isolation des murs, qu'elle soit intérieure ou extérieure.
Alors que ces opérations sortent désormais du champ des dépenses éligibles dans le parcours par geste, les acteurs de l'immobilier s'interrogent sur les conséquences pour les projets de rénovation énergétique et l'attractivité du parc existant. Analyse des réactions d'un secteur directement concerné par ces arbitrages publics.
MaPrimeRénov' : un dispositif d'aide profondément recentré par l'État
Depuis sa suspension en juin, MaPrimeRénov' s'est imposé au centre des débats autour de la rénovation énergétique. L'arrêt temporaire du dispositif avait été justifié par une envolée des demandes et une hausse préoccupante des fraudes. Réactivé en septembre, il a finalement été profondément remanié par le décret du 8 septembre 2025, qui redéfinit ses critères d'éligibilité et marque un virage assumé vers un soutien prioritaire aux logements classés E à G.
L'objectif affiché est clair : concentrer les fonds publics sur les rénovations les plus urgentes, en ciblant les passoires thermiques. Plusieurs mécanismes jugés redondants disparaissent, notamment le bonus « passoire thermique ». Le Parcours accompagné, désormais plus strict, se recentre exclusivement sur les logements les plus dégradés, tandis que le Parcours par geste demeure accessible mais uniquement pour les maisons affichant les performances énergétiques les plus faibles.
Dans ce cadre resserré, deux forfaits sortent définitivement du dispositif MaPrimeRénov' : celui destiné aux chaudières biomasse et celui dédié à l'isolation des murs dans le parcours par geste. Une évolution qui redessine les arbitrages financiers et techniques des rénovations, et que les professionnels de l'immobilier observent de près.
Face à ce recentrage inédit du dispositif et à la suppression de plusieurs forfaits clés, les réactions des acteurs du secteur ne se sont pas fait attendre, révélant des inquiétudes mais aussi de nouvelles interrogations sur les dynamiques futures du marché de la rénovation.
Chaudières biomasse : la filière réclame un rééquilibrage des aides publiques
Le 4 décembre au matin, près des Invalides, une soixantaine de professionnels ont répondu à l'appel du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB) pour protester contre la suppression, au 1er janvier 2026, des forfaits MaPrimeRénov' dédiés à l'installation de chaudières biomasse. Une décision actée par l'arrêté du 8 septembre, qui reconfigure en profondeur le périmètre des travaux éligibles.
La filière demande à être réintégrée dans le parcours par geste, c'est-à-dire l'aide accordée lorsque qu'un seul type de travaux est réalisé, au même titre que d'autres solutions de chauffage. À partir du 1er janvier prochain, les chaudières biomasse comme l'isolation des murs sortiront pourtant définitivement du dispositif dans ce parcours.
Selon le SFCB, près de 75 % des projets domestiques, représentant entre 5 000 et 10 000 installations annuelles, étaient encore cofinancés par MaPrimeRénov' l'an dernier. Le soutien public s'élevait à environ 20 millions d'euros en 2025 pour un équipement majoritairement destiné à remplacer des systèmes fonctionnant au fioul ou au gaz propane, un marché comparable à celui des pompes à chaleur.
Rénovation énergétique : la CAPEB réclame la réintroduction du parcours par geste
Alors que la suppression des forfaits chaudières biomasse et certains travaux ciblés alerte la filière, la CAPEB élargit le débat. La confédération demande la réintroduction du parcours par geste pour clarifier les étapes des travaux et sécuriser les financements liés à MaPrimeRénov' et aux certificats d'économies d'énergie (CEE). Elle appelle également à une simplification immédiate des dispositifs, indispensable pour soutenir la dynamique des entreprises artisanales.
Le jeudi 4 décembre, la CAPEB, représentée par son président Jean-Christophe Repon et les membres du Bureau confédéral, a présenté les résultats d'une enquête nationale menée auprès de plus de 5 000 artisans du bâtiment. L'étude révèle que 62% des artisans constatent une baisse d'activité, 51% subissent des pertes de temps à cause de l'instabilité des règles, 46% déplorent des difficultés financières liées aux délais de paiement, et 12% signalent une hausse des litiges avec leurs clients.
Face à cette situation, la CAPEB insiste : l'État doit simplifier les dispositifs, réintroduire le parcours par geste et sécuriser les financements pour garantir des travaux clairs et fiables. Jean-Christophe Repon a également lancé un appel aux artisans via LinkedIn pour un rassemblement le 17 décembre devant les préfectures partout en France, afin de faire entendre leur voix de manière constructive.
La restriction du parcours par geste dans MaPrimeRénov', avec la suppression des forfaits chaudières biomasse et de certains travaux ciblés, fragilise les artisans et complique l'accès des ménages à la rénovation. Pour les professionnels de l'immobilier, cela alourdit la planification des projets et peut peser sur la valeur des biens rénovés. Face à ces enjeux, dialoguer avec les pouvoirs publics devient essentiel pour transformer ces obstacles en opportunités et préserver la dynamique du marché.
Photo | Freepik
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